Curios Studio : Cinema

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Tout sur le webzine de cinéma sourd français !


Une histoire sourde : théâtre, cinéma et télévision

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Avant que les frères Lumière n'aient créé le cinématographe en 1895, nous devons avant tout l'invention au physiologiste touche-à-tout Étienne-Jules Marey qui avait finalisé, en 1888, le fameux chronophotographe permettant de prendre de photographies à intervalles dans le but d'étudier le mouvement en décomposé de l'animal ou de l'objet photographiés et à son assistant, le photographe Georges Demenÿ qui avait inventé, en 1891, le phonoscope 1 à la demande du professeur Hector Marichelle à l'Institut des Sourds-Muets de Paris 2 : ce dernier lui avait demandé une projection d'un homme — le photographe lui-même "chronophotographié" — qui prononçait des mots comme « Je vous aime » ou « Vive la France ».

Georges Demenÿ vendit ses droits sur le phonographe à Léon Gaumont, le futur fondateur de la société de production sous le nom à l'origine L. Gaumont et Compagnie.
 


Quelques archives réalisées par Georges Demenÿ


Depuis la naissance du cinéma muet en décembre 1895, les producteurs et les réalisateurs n'hésitaient pas à montrer aux écrans des êtres victimes d'anomalies, de malformations et d'autres maladies rares, ces « monstres de foire » comme l'on nommait autrefois alors que ce n'étaient que des handicapés mal acceptés à cette époque. Un sujet tabou...

Freaks--la-monstrueuse-parade.jpgLe plus connu des films est sans doute La Monstrueuse Parade (Freaks, 1932) de Tod Browning, resté une de grandes révérences à nos jours, témoignant l'existence des lilliputiens, des soeurs siamoises, une femme à la barbe, l'homme sans bras, etc. : ils existaient, venaient du cirque Barnum et jouaient leur propre rôle. Injustement considéré comme un film d'horreur, il avait soulevé le scandale et a été censuré pendant trente ans aux États-Unis.

Au fil des années, le regard a évolué et la société s'est modifiée, en présentant de personnages humains, paraplégiques, aveugles, autistes, sourds...

 

“L'abbé de l'Épée assure même, sur la foi de je ne sais quelles relations, qu'il y a encore des pays où l'on fait mourir, à l'âge de trois ans au plus tard, les sourds-muets, parce qu'on les considère comme des monstres.”

— L'éducation des sourds-muets de naissance, de Joseph-Marie Gérando (1827),

édtieur Méquignon l'Ainé Père

 


Les sourds ? Parlons-en justement ! « Le sourd avait semblé longtemps être le personnage invisible de la création audio-visuelle. En fait, son image a souvent été malmenée et déformée. Opprimé par la dictature de l'oral et du verbal, le sourd reste l'inconnu », avait écrit Guy Jouannet dans son ouvrage L'Écran sourd 3
Tout comme les Indiens, les Noirs et les Asiates étant plus souvent joués par des comédiens blancs grimés au début du XXe siècle, la plupart des personnages sourds à l'écran ont toujours été interprétés par des entendants comme Jane Wyman dans Johnny Belinda de Jean Negulesco (1948), comme Patty Duke dans Miracle en Alabama d'Arthur Penn (The Miracle Worker, 1962) ou encore comme Alan Arkin et Sondra Lock dans Le Cœur est un chasseur solitaire de Robert Ellis Miller (The Heart Is A Lonely Hunter, 1968).

Les noms des grands acteurs sourds en France seraient profondément laissés dans les oubliettes. Les producteurs et les réalisateurs les méprisaient plus ou moins et parfois les fréquentaient dans la comédie caricaturale — ou plus couramment le vaudeville — ou dans le mélodrame en les considérant à tort comme des bêtes rares, des idiots...

Charlie Chaplin et Granville Resmond

Aux États-Unis, un professeur émérite en histoire américain de l'Université Galaudet, John Schuchman, qui s'est intéressé aux travaux sur les acteurs et les personnages sourds aux écrans qui lui inspiront à écrire un essai intitulé Hollywood Speaks: Deadness and the Film Entertainment Industry 4.

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Propablement en 1988, il fit une grande découverte : Charlie Chaplin avait engagé son ami, un artiste peintre paysagiste sourd américain, Granville Redmond (1871-1935) pour son premier court-métrage Une Vie de chien (A Dog's Life, 1918).

Cela remonte très exactement en 1894 où, à Los Angeles, Charlie Chaplin rencontra Granville Redmond, dont il fut collecteur d’œuvres d’art. Devenus amis, l’acteur avait appris la langue des signes et l’alphabet dactylologique, ce qui lui avait permis d’utiliser gestes et expressions dans ses films muets. Quant au peintre, il avait participé à ses sept films entre 1918 et 1929 5.

 

Ci-contre, ce journal populaire The Silent Worker, destiné à la communauté des sourds américains, représentant la fameuse scène d'Une Vie de chien avec Charlie Chaplin et Granville Redmond, est apparu en juin 1918.
 

Toujours d'après John Schuchman, le monde du septième art comptait beaucoup d'autres sourds américains les plus ou moins connus : le réalisateur Charles A. Taylor (1864-1942) et l'acteur Tommy Albert (1900-1972) ou encore des techniciens, des figurants... mais au moment où l'industrie audiovisuelle décida, en 1927, de passer les films muets aux films parlants : les employés sourds se trouvèrent brusquement au chômage. 

 

 

Yankee Doodle réalisé en 1921 par W. E. Marshall, produit par National Association of the Deaf.

 

http://www.intemporel.com/images/produit/images/39087.jpgCheri-bibi-sourd.pngEnfin, on revient en France, pour la première fois dans l’histoire des sourds français, Maurice Humbert (photo ci-contre), lui-même sourd, eut été engagé en 1937 pour le rôle d’un sourd-muet dans Chéri-bibi réalisé par Léon Mathot. Malheureusement, les informations sur cet acteur restent introuvables à la réserve de son apparition en 1952 dans un court-métrage Le Huitième Art et la Manière réalisé par Maurice Régamey, avec parmi les acteurs, Louis de Funès encore loin d'être célèbre.

A cette époque, c'était une première parce que le cinéma — comme la télévision par ailleurs — ignorait les sourds ou, plus mal encore, leur couvrait souvent de ridicule. Comme témoigne le comédien Levent Beskardes (né en 1949) dans Le Pays des sourds de Nicolas Philibert (1993), l’envie d’être acteur née dans son adolescence en Turquie lui avait poussé à demander à un réalisateur turc très connu, son voisin d’en face, s’il pouvait jouer dans un de ses films ; ce dernier lui répondit que c’était « Impossible ! Tu es sourd ».


Extrait du Pays des Sourds de Nicolas Philibert

http://img.over-blog.com/490x308/4/26/53/66/L-ENFANT-SAUVAGE/ENFANTSAUVAGEENMUET.Jpg

http://img.over-blog.com/422x567/1/89/38/93/Coll-ge-et-Lyc-e-au-cin-ma/18866845_w434_h_q80.jpgAu cinéma, en février 1970, sort le film en noir et blanc L'Enfant sauvage de François Truffaut qui s'est inspiré d'un Mémoire et Rapport sur Victor de l'Aveyrondu docteur Jean Itard, publié en 1801 et 1806. Le réalisateur dira que son co-scénariste et lui ont « imaginé que le docteur Itard, au lieu d'écrire ces rapports, avait tenu son journal quotidien, ce qui donne au récit l'allure d'une chronique et préserve le style de l'auteur, à la fois scientifique, philosophique, moraliste, humaniste, tour à tour lyrique ou familier 6». Le rôle-titre est confié à Jean-Pierre Cargo, un acteur non professionnel.

http://b30.spielfiln.de/56370-4/jeder-fuer-sich-und-gott-gegen-alle-filmverleih-im-nordsee-park.jpgÀ savoir que, quatre plus tard en Allemagne de l'Ouest, le réalisateur Werner Herzog présente son long-métrage du même thème L'Énigme de Kaspar Hauser (Jeter für sich und Gott gegen alle), inspiré du livre Gaspard Hauder ou La Paresse du cœur (Caspar Hauser oder Die Trägheit des Herzens, 1908) de Jakop Wassermann. Ce film sortira en France, en novembre 1975. Par coïncidence encore, Bruno Schleinstein qui joue le rôle-titre n'a également aucune expérience d'acteur.

Pour ainsi dire, ces deux films fort récompensés traitent bien le même sujet sur l'abandon, le misère et la mutité, et non pas sur la surdité.


Dans la même année, à la télévision, une émission catholique Le Jour du Seigneur présentée par le père Claude Robert se diffuse en langue des signes française sur la première chaîne publique de l'ORTF (Office de Radiodiffusion Télévision Française, aujourd'hui TF1).

 

silencedarkness3.jpgAprès le fameux Miracle en Alabama (1962), c'est au tour du réalisateur allemand Werner Herzog de présenter, en octobre 1971, son film documentaire Au pays du silence et de l'obscurité (Land des Schweigens und der Dunkelheit) au Festival du film international de Mannheim-Heidelberg où il a été récompensé d'un Prix du Meilleur film et au Festival de Cannes en mai 1972. Ce film définit le portrait de Fini Straubinger, une femme sourde et aveugle de cinquante-six ans qui avait réussi à communiquer par la langue des signes tactile. Depuis, elle avait aidé d'autres sourds-aveugles à entrer en contact avec les gens et à les faire sortir de leur monde de silence et d'obscurité.

 

En 1976, grâce à la création du journaliste-écrivain-réalisateur Jean Grémion et du comédien américain Alfredo Corrado, certains sourds comme Chantal Liennel, Victor Abbou, Levent Beskardes, Marie-Thérèse L'Huillier, etc. réalisent leur rêve de théâtre et participent à l'International Visiual Theatre (IVT) installé dans la tour du Village du Château de Vincennes avant d'aménager en 2007 à la cité Chaptal dans IXe arrondissement de Paris. Le tout premier spectacle a lieu en 1978, dont le titre est [  ] signfiant la communauté repliée sur elle-même à la recherche d'une identitre propre de culture.

Y arriveront finalement les futurs artistes reconnusEmmanuelle Laborit, Claire Garguier, Laurent Valo, Bruno Moncelle, Philippe Galant...
 

Alfredo Corrado y raconte comment il a créé l'International Visual Theatre,

 accompagné d'un extrait du premier spectacle [ ] en 1978.

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Grâce à son idée éducative pour la télévision, le docteur en Sciences de la communication Danielle Bouvet crée et produit 
la célèbre émission de contes Mes Mains ont la parole en langue des signes française, diffusée pour la première fois dans le cadre de Récré A2 sur la chaîne Antenne 2 — aujourd'hui France 2. C'était en janvier 1979 que la jeune première animatrice sourde Marie-Thérèse L'Huillier se révèle toute souriante en plein cadre. Personne n'a oublié sa célèbre leimotiv : « Regardez, regardez mes mains. Elle va vous raconter une histoire. L'histoire... », suivi d'une voix oralement féminine dans le champ.

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En 1986, l'animatrice se fait remplacer par un comédien sourd Philippe Galant qui, lui, reste pendant deux ans avant que l'émission ne s'interrompe en juin 1988 en raison d'une mauvaise audiance de Récré A2 depuis le depart de l'animatrice Dorothée pour une autre chaîne privée, celle de TF1.


Ce programme a cependant révolutionné la politique de l'audiovisuel français vu que les chaînes télévisées avaient distribué des téléfilms américains comme Ton nom est Jonah de Richard Michaels (And Your Name Is Jonah, 1979) — qui a gravé dans la mémoire des sourds, La Force de l'amour de Joseph Sargent (Love Is Never Silent, 1985), Le Mur du silence de Karen Arthur (Bridge to Silence, 1989)...

 

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Ton nom est Jonah, téléfilm qui a gravé dans la mémoire des sourd.



Children_of_a_Lesser_God_film_poster-copie-1.jpgEn 1
987, 2 422 500 spectateurs français découvrent Les Enfants du silence de Randa Haines (Children of Lesser God, 1986), avec l'actrice sourde Marlee Matlin qui, alors méconnue à cette époque, recevra un Golden Globe de la Meilleure actrice dans un film dramatique et un Oscar de la Meilleure actrice dans la même année. Première sourde et plus jeune actrice à le recevoir aux États-Unis, Les Enfants du silence est distingué comme le premier film depuis la comédie muette You'd Be Surprised d'Arthur Rosson, avec l'artiste peintre sourd Granville Redmond en 1926 – et non le drame Johnny Belinda de Jean Negulesco, en 1948, même si le thème s'y concentre sur le personnage sourd endossé par l'actrice entendante Jane Wyman.

 

Les-Enfants-du-silence_AFF_001_oeuvreAffiche.jpgSix ans plus tard, ce film est à nouveau adapté par les acteurs Jean Dalric et Jacques Collard à la mise en scène de Jean Dalric et Levent Beskardes sous le même titre, avec Emmanuelle Laborit dans le rôle de Sarah. Ceci étant un vif succès. Moment inattendu en avril 1993 à la septième Nuit des Molières, le public a applaudi avec admiration et émotion Emmanuelle Laborit recevant le Molière de la Révélation théâtrale avant de signer le mot « Unir » à sa demande du moment qu'elle avait prononcé « Je vous aime » dans le micro.

 


Emmanuelle Laborit à la Nuit des Molières en 1993

 

Une grande première en 1990, le film Camille Claudel de Bruno Nuytten avec Gérard Depardieu et Isabelle Adjani est à nouveau projeté au profit de la présence du sous-titrage aux grands écrans.

 

http://static2.dmcdn.net/static/video/596/690/26096695:jpeg_preview_medium.jpg?20110802090407Arrive le débat mémorable à la télévision en septembre 1992 sur France 3, l'émission La Marche du siècle projette enfin le thème Le Peuple des sourds. Sur le plateau s'y trouvaient quatre interprètes, dont un auprès de Jean-Marie Cavada et un sur la moitié droite du petit écran, de parfaites traductions pendant le reportage autour de sourds Jean Cartier qui témoignait ses vingt-cinq années dans un hôpital psychiatrique, Daniel Abbou (éducateur à cette époque) et le comédien Joël Chalude.

 


“Il y avait quatre interprètes sur le plateau, il y avait des traductions durant le reportage et il y avait un interprète juste à côté de Jean-Marie Cavada. C'était vraiment une situation exceptionnelle qui ne s'est jamais reproduite. Puis il y avait un quatrième interprète en médaillon pour interpréter tous les débats. Donc il y avait toute une organisation.”

— Daniel Abbou, lors du Congrès de l'UNISDA en 2007.

 

 

pays-des-sourds.jpgLe 3 mars 1993, cent mille français ont exploré à travers les écrans Le Pays des sourds, le film documentaire de Nicolas Philibert, curieux de savoir « à quoi ressemble le monde pour les milliers de gens qui vivent dans le silence ».

 

 

“Les sourds s'en sont apparés : c'est le premier film à prendre fait et cause pour leur langue et leur culture. Il a décidé certains sourds à se regrouper en associations et permis à d'autres de leurs inhibitions et de signer en public, ce qu'il n'avaient jamais osé faire auparavant. En revanche, certains se sont montrés plus réservés sur les scènes d'apprentissage à l'école : elles réveillaient trop de mauvais souvenirs en eux...”
— Propos de Nicolas Philibert pour Téléscope (novembre 1996).

 

http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQAHXcM8s10z1FYIN-dcKvDHgWy6RQIwdkb6wetjFdJwo_FDxyjpQRevenons à l'époque du Peuple des sourds en 1992, Jean-Marie Cavada avait remarqué Daniel Abbou alors inconnu (à la télévision) et avait proposé de lui présenter une émission appelée L'Œil et la Main dont il est producteur avec l'agence Point de Jour. Cette émission est transmise finalement à la télévision, le 17 décembre 1994 sur La Cinquième — aujourd'hui, France 5 — avec les présenteurs Daniel Abbou et Sandrine Hermann, en compagnie de la marraine Emmanuelle Laborit en invitée privilégée pour quelques épisodes. L'émission « se veut proche des gens, proposant des informations à destination des sourds mais aussi une approche de leur vie quotidienne au grand public et souhaite être un outil pour rompre l’isolement des sourds et améliorer leurs conditions de vie. Même si les thèmes abordés sont sérieux, leur traitement se veut toujours joyeux et rythmé ». http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQw38SyYCVNTtgAkLHVa6Db9e6Huth-uRKoxkY_KzaYvooCaSma

L'ancienne animatrice Marie-Thérèse L'Huillier en est rédactrice en chef jusqu'en 2003, année où Sandrine Hermann la succède alors. Isabelle Voizeux remplace cette dernière.

À l'occasion des dix ans de cette émission 7, Danien Abbou et Isabelle Voizeux font une apparition sur le plateau du journal de France 2 pour en faire un vrai journal télévisé avec le journaliste David Pujadas.

 

En mai 1996, les comédiens de International Visual Theatre, Bruno Zanardi, Laurent Valo et Claire Garguier, apparaîsent en pleine noblesse du XVIIIe siècle aux écrans Ridicule de Patrice Leconte.

 

http://www.fiche-film.com/images/film/19/20/17/25951.jpgNouveau regard sur l'histoire de la seconde guerre mondiale, le premier film documentaire Témoins sourds, témoins silencieux réalisé par Brigitte Lemaine et Stéphane Gatti, se consacrant l'histoire des sourds sous le nazisme en commençant par la Loi d'higyène raciale en 1933. D'abord diffusé à la télévision sur la chaîne Histoire le 31 octobre 2001, ce long-métrage a été maintes fois présenté dans de différentes salles avec débats pendant une bonne dizaine année. Le journal Le Monde dira que « les sourds rescapés des camps de la mort ont été complètement oubliés, du fait de leur impossibilité de parler ».

 

http://www.professeurdebbie.fr/wp-content/uploads/2009/12/4.-sur-mes-levres.jpgEn 2001, Vincent Cassel et Emmanuelle Devos sont à l'affiche du film Sur mes lèvres de Jacques Audiard, dans lequel joue Laurent Valo. Critiqué par le fait que l'actrice interprète le rôle d'un personnage sourd, la communauté des sourds éprouve une grande déception « absolument magnifique. C'est vrai que ce n'est pas juste. Mais c'est peut-être un film qui ne s'adressait pas aux sourds. C'est un film qui parlait des sourds, mais ne s'adressait pas à eux. C'est peut-être ça, le vrai problème. C'est que, finalement, quand on veut... C'est terrible parce qu'en fait, nous, dans notre communauté, on ne parle qu'à notre communauté », s'explique Alicia Alonso, scénariste de L'Enfant du Secret (2007), dans l'un des épisodes de L'Œil et la Main en 2011.

oeil-main-200.pngY rencontre aussi une mauvaise surprise, le film est loin d'être réaliste comme quoi, par exemple, le personnage sourd appareillé et oralisé pouvait lire sur les lèvres de très loin. Lors de l'émission de la deux centième épisode de L'Œil et la Main en novembre 2001, Jacques s'y était embarrassé de son film : « la surdité est un pur argument de fiction, ça n'a rien de documentaire, ça n'est pas réaliste. Elle lit sur les lèvres comme aucun malentendant ne lira jamais sur les lèvres. C'est de la fiction. C'est de la pure fiction et donc... en plus, comme j'avais envie de travailler avec Emmanuelle Devos, je voulais que ce soit joué. Je ne voulais pas que ce soit... C'était pas... Voilà, c'était pas de la réalité ».

 

http://www.cinemotions.com/data/films/0904/81/2/photo-L-Enfant-du-secret-2006-2.jpgDans la soirée du 23 janvier 2007, sur France 2, précisément 6 951 440 téléspectateurs 8 suivent le téléfilm L'Enfant du secret de Serge Meynard, sur le scénario d'Alicia Alonso et de Patrick Laurent. Ils découvrent l'histoire vécue sur l'Affaire Solar en 1774, d'où la comtesse de Solar eut ignoré l'identité de son propre fils Guillaume, abandonné en raison de sa surdité, mais celui-ci fut défendu par l'abbé de l'Épée après l'avoir receuilli et éduqué en lui apprenant la langue des signes qui, plus tard, lui permit de clamer son innocence.

La comtesse et l'abbé y sont interprétés par Claire Borotra et Michel Aumont. Quant au jeune sourd et muet, comme l'on prononçait à cette époque, le rôle est endossé par Joshua Julvez, lui-même sourd de naissance : c'est son premier rôle à la télévision.


Sourds-et-malentendus.pngSur France 5 se diffuse une soirée spéciale du 3 mars 2009 animée par la journaliste Carole Gaessler au pofit de la présentation du film documentaire Sourds et Malentendus sur le thème de l'identité des sourds, écrit par Sandrine Hermann et le réalisateur Igor Ochronowicz. Le débat a lieu après ce docu-fiction aux côtés de Sandrine Hermann, de Jérémie Boroy l'ancien président de l'Union Nationale de l'Insertion Sociale du Déficient Auditif (UNISDA) et du docteur Jean Dagron qui y parlent de la vie quotidienne, la communication et les problèmes chez les sourds.

 

 

Pour en savoir plus :

Bibliographie

 

Documentaires

 

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